1 Les défis liés à l'assemblage des batteries
Les batteries modernes destinées aux véhicules électriques regroupent des centaines de cellules individuelles en unités compactes et résistantes aux chocs. La technologie d'assemblage doit répondre simultanément à cinq exigences essentielles :
- Gestion thermique : les cellules lithium-ion génèrent de la chaleur pendant la charge et la décharge. Sans dissipation thermique efficace, il existe un risque d'emballement thermique. Les produits de remplissage et les pâtes thermiques doivent minimiser les résistances de contact et dissiper la chaleur de manière fiable vers les plaques de refroidissement.
- Résistance aux vibrations et aux chocs : les blocs-batteries sont exposés à des vibrations continues et, en cas de collision, à des forces extrêmes. Les adhésifs structuraux doivent offrir une résistance élevée au cisaillement et une bonne absorption d'énergie sans se fragiliser.
- Optimisation du poids : chaque kilogramme compte. Les assemblages collés remplacent les fixations mécaniques lourdes et permettent des concepts de construction légère avec de l'aluminium et des composites.
- Indice de protection IP : la pénétration d'humidité entraîne de la corrosion, des courants de fuite et des dommages aux cellules. Les systèmes d'étanchéité doivent garantir un indice IP67 ou IP68, même après plusieurs années et sur une large plage de températures.
- Isolation électrique : les composants haute tension (jusqu'à 800 V) nécessitent des composés d'enrobage résistants à la perforation, présentant une rigidité diélectrique élevée et des distances de fuite définies.
La production européenne de batteries connaît une croissance fulgurante : les gigafactories en Allemagne, en Hongrie et en France misent sur des processus de fabrication automatisés. Les systèmes adhésifs doivent donc non seulement être convaincants sur le plan technique, mais aussi être dosables de manière reproductible et durcir rapidement.
2 colles dans le bloc-batterie : où sont-elles utilisées ?
Un bloc-batterie type se compose de plusieurs niveaux hiérarchiques. À chaque niveau, on utilise des systèmes d'adhésifs spécifiques.
Collage cellule à cellule (Cell-to-Cell)
Les cellules cylindriques (18650, 21700, 4680) ou les cellules souples sont assemblées en modules. Les adhésifs élastiques compensent la dilatation thermique tout en dissipant la chaleur. Les silicones bicomposants présentant une conductivité thermique comprise entre 1 et 3 W/m·K sont la norme. Pour les cellules prismatiques, on utilise souvent des rubans adhésifs en mousse d'acrylate qui compensent les tolérances.
Cellule-module et module-boîtier
Des adhésifs structuraux sont nécessaires pour fixer les modules cellulaires dans le boîtier de la batterie. Les systèmes à base d'époxy, tels que la série Permabond ET500, offrent une résistance au cisaillement supérieure à 20 MPa et durcissent à température ambiante. On peut également recourir à des polyuréthanes à durcissement rapide, qui atteignent leur résistance maximale dès 24 heures.
Fixation BMS
Le système de gestion de batterie, comprenant les cartes électroniques, les capteurs et les unités de commande, doit être monté de manière à résister aux vibrations. Les silicones thixotropes ne coulent pas après le dosage et assurent l'isolation électrique.
Collage des plaques de refroidissement
Entre les modules de cellules et les plaques de refroidissement en aluminium, les produits de remplissage doivent minimiser les résistances thermiques de contact. Les silicones hautement chargés (avec de l'oxyde d'aluminium ou du nitrure de bore) atteignent des conductivités thermiques allant jusqu'à 5 W/m·K et compensent des irrégularités de 0,5 à 3 mm. Des produits tels que le Bluesil TCS 4525 durcissent à température ambiante pour former des couches élastiques et non adhésives.
3 Adhésifs structuraux pour la sécurité en cas de collision
En cas de collision, les blocs-batteries doivent conserver leur intégrité structurelle et empêcher toute détérioration des cellules. Les adhésifs structuraux répartissent les forces sur de grandes surfaces et absorbent l'énergie grâce à une déformation plastique contrôlée.
Adhésifs structuraux époxy
Les époxydes bicomposants constituent le choix idéal pour les assemblages soumis à des contraintes élevées :
- Résistance au cisaillement comprise entre 20 et 35 MPa (selon la norme DIN EN 1465)
- Résistance à la température jusqu'à 150 °C (jusqu'à 180 °C pendant de courtes durées)
- Excellente adhérence sur l'aluminium, l'acier et les composites
- Faible retrait pendant le durcissement
La série Permabond ET5145 allie haute résistance et flexibilité ; elle est spécialement homologuée pour les applications automobiles. Profils de durcissement types : 1 heure à 80 °C ou 7 jours à 23 °C.
Adhésifs structuraux à base de polyuréthane
Les adhésifs PU offrent un bon équilibre entre résistance et élasticité. Avec une dureté Shore comprise entre 60 A et 70 D, ils conviennent particulièrement aux combinaisons de matériaux présentant des coefficients de dilatation différents. Leur allongement à la rupture supérieur à 100 % permet d'absorber l'énergie en cas de choc.
Exigences en cas de collision selon la norme UN ECE R100
La réglementation n° 100 des Nations Unies exige que les composants haute tension restent protégés en cas de collision frontale, latérale ou arrière. Les batteries doivent résister à des profils d'accélération définis sans fuite d'électrolyte ni court-circuit. Les assemblages collés font partie de la structure de sécurité et doivent être pris en compte dans les simulations par la méthode des éléments finis.
4 Matériaux d'interface thermique (TIM)
La dissipation thermique du bloc-batterie est déterminante pour sa durée de vie et sa sécurité. Les matériaux d'interface thermique comblent les espaces d'air entre la source de chaleur et le dissipateur thermique et réduisent la résistance thermique.
Gap-Filler
Les produits de comblement sont des silicones pâteux ou thixotropes qui comblent des interstices de 0,5 à 5 mm. Une fois durcis, ils restent élastiques et compensent la dilatation thermique. Conductivités thermiques typiques :
- Valeur standard : 1,5 à 2,5 W/m·K
- Haute performance : 3 à 5 W/m·K
- Rempli de céramique : jusqu'à 7 W/m·K
Pâtes thermoconductrices
Pour les couches minces (moins de 0,3 mm), les pâtes thermoconductrices offrent une résistance thermique inférieure à celle des produits de remplissage. Elles conservent leur consistance pâteuse à long terme et nécessitent une pression d'application mécanique. Utilisation : entre les composants du système de gestion de batterie (BMS) et les boîtiers métalliques.
Coussinets thermoconducteurs
Les coussinets en silicone pré-assemblés (matériaux à changement de phase) fondent à la température de fonctionnement et s'adaptent à la surface. Avantage : finition propre, pas de dosage. Inconvénient : résistance thermique plus élevée que les produits de remplissage pour interstices à épaisseur égale.
5 Composés d'encapsulation pour systèmes de gestion de batterie (BMS) et l'électronique de puissance
Les appareils de commande électroniques, les connecteurs haute tension et les barres omnibus sont encapsulés afin de les protéger contre l'humidité, les vibrations et les contraintes mécaniques.
Composés d'encapsulation à base de silicone
Les silicones bicomposants dominent le domaine de l'encapsulation BMS. Leurs avantages :
- Résistance à des températures comprises entre −60 °C et +200 °C
- Rigidité diélectrique supérieure à 20 kV/mm
- Élastique à long terme (Shore A 20 à 60)
- Pas d'émissions gazeuses corrosives
- Réparabilité : le silicone peut être retiré mécaniquement.
La gamme Bluesil RTV 3400 propose différentes viscosités pour une mise en œuvre manuelle ou automatisée. Durée de vie en pot : 30 à 90 minutes. Durcissement à température ambiante en 24 à 48 heures, accéléré à 60 °C en 2 à 4 heures.
Composés de scellement en polyuréthane
Les composés d'encapsulation à base de PU durcissent pour former des systèmes plus durs (Shore A 70 à Shore D 60) et offrent une résistance mécanique supérieure. Ils sont plus économiques que les silicones, mais moins résistants à la température (de -40 °C à +120 °C). Application : encapsulation de capteurs et de composants électroniques basse tension.
Protection IP67/68
Les blocs-batteries doivent respecter au minimum la norme IP67. Les composés d'enrobage doivent donc :
- Être coulé sans aucun vide (coulage sous vide recommandé)
- Adhérer durablement aux traversées de boîtiers
- Ne pas présenter d'absorption d'eau (moins de 0,5 % selon la norme DIN EN 60068)
- Rester étanche sur toute la plage de température
6 Comparaison des matériaux en fonction de l'application
| Utilisation | Matériau | propriété | Valeur typique |
|---|---|---|---|
| de cellule à cellule | Silicone thermoconducteur (2K) | conductivité thermique | 2,0 – 3,0 W/m·K |
| Collage structurel du boîtier du module | Adhésif structural époxy | résistance au cisaillement | 25 à 35 MPa |
| Remplisseur d'espace (cellule – plaque de refroidissement) | Silicone haute performance | Conductivité thermique / Shore | 3,5 – 5,0 W/m·K / Shore A 40 |
| Encapsulation BMS | Composé d'étanchéité à base de silicone | Résistance à la perforation / Temp. | > 20 kV/mm / de −60 à +200 °C |
| Joint du boîtier | Silicone FIPG (1K) | Protection IP / Durcissement | IP67/68 / 24 h à 23 °C |
| Connecteur haute tension | Scellement en polyuréthane | Dureté Shore / Résistance à la déchirure | Shore D 50 / 15 MPa |
7 Joints et garnitures pour boîtiers de batterie
Le boîtier de la batterie doit être étanche de manière permanente contre l'humidité, la poussière et les projections d'eau. Trois technologies dominent :
FIPG (joint formé sur place)
Les joints liquides sont appliqués sous forme de cordons à l'aide de robots et durcissent pour former des joints élastiques. Les silicones monocomposants (RTV-1) durcissent au contact de l'humidité de l'air en 24 heures. Avantages : pas besoin de stocker différentes géométries de joints, automatisation possible, qualité constante. Un dosage précis (largeur de cordon de 3 à 5 mm) et un écartement défini (0,5 à 1,5 mm) sont essentiels.
Joints en butyle
Les cordons en butyle pré-confectionnés conservent leur adhérence à long terme et assurent l'étanchéité par pression mécanique. Économiques et faciles à mettre en œuvre, mais leur résistance à la température est inférieure à celle des silicones (de -30 °C à +90 °C).
Systèmes d'étanchéité hybrides
Combinaison d'un joint mécanique (joint torique) et d'un joint d'étanchéité supplémentaire pour répondre aux exigences les plus strictes. Utilisation dans les boîtiers IP68 destinés aux packs de batteries sous le plancher.
8 Normes et qualifications
| Norme | Champ d'application | Exigences fondamentales |
|---|---|---|
| CEE-ONU R100 | Sécurité électrique des véhicules à haute tension | Résistance mécanique, isolation électrique, comportement au feu |
| GB/T 31467 | Systèmes de batteries Li-Ion (Chine) | Choc thermique (de -40 à +85 °C), vibrations selon la norme ISO 16750-3 |
| LV 123 | Composants électriques et électroniques du groupe VW | Changements climatiques, corrosion, essais de dégazage (K01) |
| UL94 V-0 | Protection contre les flammes | Selbstverlöschend < 10 s, kein brennendes Abtropfen, halogenfrei |
| REACH / RoHS | Règlement européen sur les produits chimiques | Déclaration SVHC, restriction des substances dangereuses |
9 conseils de montage pour les assemblages de batteries
automatisation du dosage
La fabrication moderne de batteries est entièrement automatisée. Les adhésifs et les composés d'encapsulation sont appliqués à l'aide de systèmes de dosage :
- Pompes à engrenages : pour les fluides à faible viscosité (moins de 10 000 mPa·s)
- Pompes à vis excentrique : pour les gap fillers hautement chargés et les matériaux thixotropes
- Cartouches pneumatiques : pour une mise en œuvre manuelle et des prototypes
- Installations d'encapsulation sous vide : pour une encapsulation BMS sans cavités
Temps de durcissement et cadences
- Chambres chauffantes (60 à 80 °C) pour le durcissement accéléré des époxydes et des silicones
- Acrylates durcissant aux UV pour un moulage en quelques secondes (niche : fixation de capteurs)
- Époxydes à prise rapide avec un temps de prise de 15 minutes à température ambiante
préparation des surfaces
Les surfaces en aluminium doivent être dégraissées (isopropanol) et éventuellement prétraitées au plasma ou au corona. Les matériaux composites nécessitent souvent un apprêt pour une adhérence optimale. Vérifier minutieusement les surfaces peintes : la rupture d'adhérence peut se produire au niveau de la peinture et non de la colle.
Retouche et réparabilité
Les collages et les moulages en silicone peuvent être retirés mécaniquement (découpe, fraisage). Les collages époxy sont pratiquement impossibles à retirer et nécessitent un démontage destructif. Conception pour la remise en état : prévoir des joints de séparation, concevoir des modules interchangeables.
10 questions fréquemment posées
Quelle est la durée de vie des assemblages collés dans les blocs-batteries ?
Les adhésifs qualifiés sont conçus pour toute la durée de vie du véhicule (10 à 15 ans, 3 000 à 5 000 cycles de charge). Même après 20 ans, les silicones ne présentent aucun signe de fragilisation lors des essais d'accélération. Les époxydes peuvent durcir et se fragiliser en cas d'exposition prolongée à des températures supérieures à 120 °C ; les profils de température indiqués dans le cahier des charges sont donc essentiels.
Les cellules et modules collés peuvent-ils être remplacés ultérieurement ?
Les assemblages à base de silicone peuvent être séparés mécaniquement (à l'aide d'un fil métallique ou d'une lame). Les adhésifs structuraux époxy sont pratiquement indissolubles – un démontage destructif est alors nécessaire. Dans les conceptions « cell-to-pack » (CTP), les cellules sont directement intégrées dans le boîtier ; aucun remplacement n'est prévu. Les constructions modulaires avec des assemblages vissés et de la colle permettent une meilleure réparabilité.
Quelles sont les exigences en matière de résistance au feu ?
Au minimum UL94 V-1 (auto-extinguible en moins de 30 s). Les applications haut de gamme exigent la norme V-0 (auto-extinguible en moins de 10 s, sans gouttes enflammées). De plus en plus, un LOI supérieur à 28 % est exigé. Les formulations sans halogène sont la norme. La protection contre la flamme ne doit pas altérer les propriétés thermiques et électriques.
Comment compense-t-on la dilatation thermique ?
Les cellules de batterie se dilatent de 0,5 à 2 mm lors de la charge. Les adhésifs élastiques à faible module d'élasticité (inférieur à 10 MPa) compensent ces mouvements. Les produits de remplissage de joints présentant une dureté Shore A comprise entre 20 et 40 sont idéaux. Dans le cas d'époxydes rigides, le joint de collage doit être dimensionné de manière à absorber les contraintes de cisaillement. Règle générale : plus la différence de température est importante et plus les matériaux sont différents, plus l'adhésif doit être élastique.
Les processus d'encollage peuvent-ils être automatisés dans les gigafactories ?
Oui. Les systèmes de dosage équipés d'applicateurs robotisés atteignent une précision de ±1 %. Un contrôle en ligne par caméra vérifie la géométrie et le positionnement du cordon. La consistance du matériau et les conditions environnementales sont des facteurs critiques. Des temps de cycle inférieurs à 60 secondes par bloc-batterie constituent l'état actuel de la technique.
Les packs de batteries peuvent atteindre des tensions allant jusqu'à 800 V. Les travaux ne doivent être effectués que par du personnel qualifié ayant suivi une formation sur la haute tension (HV-1, HV-2, HV-3 conformément à la norme DGUV 200-005). Avant d'ouvrir le pack : vérifier l'absence de tension, respecter les 5 règles de sécurité, utiliser un équipement de protection individuelle. Les cellules lithium-ion peuvent subir un emballement thermique en cas de détérioration.
Conseil pour les matériaux d'assemblage de batteries
SILITECH fournit des adhésifs, des composés d'encapsulation et des systèmes d'étanchéité destinés aux applications de mobilité électrique. Du choix des matériaux à la qualification automobile, en passant par la conception des processus – de la production en petites séries à l'approvisionnement des gigafactories.
Contact et conseil →1 Les défis liés à l'assemblage des batteries
Les batteries modernes destinées aux véhicules électriques regroupent des centaines de cellules individuelles en unités compactes et résistantes aux chocs. La technologie d'assemblage doit répondre simultanément à cinq exigences essentielles :
- Gestion thermique : les cellules lithium-ion génèrent de la chaleur pendant la charge et la décharge. Sans dissipation thermique efficace, il existe un risque d'emballement thermique. Les produits de remplissage et les pâtes thermiques doivent minimiser les résistances de contact et dissiper la chaleur de manière fiable vers les plaques de refroidissement.
- Résistance aux vibrations et aux chocs : les blocs-batteries sont exposés à des vibrations continues et, en cas de collision, à des forces extrêmes. Les adhésifs structuraux doivent offrir une résistance élevée au cisaillement et une bonne absorption d'énergie sans se fragiliser.
- Optimisation du poids : chaque kilogramme compte. Les assemblages collés remplacent les fixations mécaniques lourdes et permettent des concepts de construction légère avec de l'aluminium et des composites.
- Indice de protection IP : la pénétration d'humidité entraîne de la corrosion, des courants de fuite et des dommages aux cellules. Les systèmes d'étanchéité doivent garantir un indice IP67 ou IP68, même après plusieurs années et sur une large plage de températures.
- Isolation électrique : les composants haute tension (jusqu'à 800 V) nécessitent des composés d'enrobage résistants à la perforation, présentant une rigidité diélectrique élevée et des distances de fuite définies.
La production européenne de batteries connaît une croissance fulgurante : les gigafactories en Allemagne, en Hongrie et en France misent sur des processus de fabrication automatisés. Les systèmes adhésifs doivent donc non seulement être convaincants sur le plan technique, mais aussi être dosables de manière reproductible et durcir rapidement.
2 colles dans le bloc-batterie : où sont-elles utilisées ?
Un bloc-batterie type se compose de plusieurs niveaux hiérarchiques. À chaque niveau, on utilise des systèmes d'adhésifs spécifiques.
Collage cellule à cellule (Cell-to-Cell)
Les cellules cylindriques (18650, 21700, 4680) ou les cellules souples sont assemblées en modules. Les adhésifs élastiques compensent la dilatation thermique tout en dissipant la chaleur. Les silicones bicomposants présentant une conductivité thermique comprise entre 1 et 3 W/m·K sont la norme. Pour les cellules prismatiques, on utilise souvent des rubans adhésifs en mousse d'acrylate qui compensent les tolérances.
Cellule-module et module-boîtier
Des adhésifs structuraux sont nécessaires pour fixer les modules cellulaires dans le boîtier de la batterie. Les systèmes à base d'époxy, tels que la série Permabond ET500, offrent une résistance au cisaillement supérieure à 20 MPa et durcissent à température ambiante. On peut également recourir à des polyuréthanes à durcissement rapide, qui atteignent leur résistance maximale dès 24 heures.
Fixation BMS
Le système de gestion de batterie, comprenant les cartes électroniques, les capteurs et les unités de commande, doit être monté de manière à résister aux vibrations. Les silicones thixotropes ne coulent pas après le dosage et assurent l'isolation électrique.
Collage des plaques de refroidissement
Entre les modules de cellules et les plaques de refroidissement en aluminium, les produits de remplissage doivent minimiser les résistances thermiques de contact. Les silicones hautement chargés (avec de l'oxyde d'aluminium ou du nitrure de bore) atteignent des conductivités thermiques allant jusqu'à 5 W/m·K et compensent des irrégularités de 0,5 à 3 mm. Des produits tels que le Bluesil TCS 4525 durcissent à température ambiante pour former des couches élastiques et non adhésives.
3 Adhésifs structuraux pour la sécurité en cas de collision
En cas de collision, les blocs-batteries doivent conserver leur intégrité structurelle et empêcher toute détérioration des cellules. Les adhésifs structuraux répartissent les forces sur de grandes surfaces et absorbent l'énergie grâce à une déformation plastique contrôlée.
Adhésifs structuraux époxy
Les époxydes bicomposants constituent le choix idéal pour les assemblages soumis à des contraintes élevées :
- Résistance au cisaillement comprise entre 20 et 35 MPa (selon la norme DIN EN 1465)
- Résistance à la température jusqu'à 150 °C (jusqu'à 180 °C pendant de courtes durées)
- Excellente adhérence sur l'aluminium, l'acier et les composites
- Faible retrait pendant le durcissement
La série Permabond ET5145 allie haute résistance et flexibilité ; elle est spécialement homologuée pour les applications automobiles. Profils de durcissement types : 1 heure à 80 °C ou 7 jours à 23 °C.
Adhésifs structuraux à base de polyuréthane
Les adhésifs PU offrent un bon équilibre entre résistance et élasticité. Avec une dureté Shore comprise entre 60 A et 70 D, ils conviennent particulièrement aux combinaisons de matériaux présentant des coefficients de dilatation différents. Leur allongement à la rupture supérieur à 100 % permet d'absorber l'énergie en cas de choc.
Exigences en cas de collision selon la norme UN ECE R100
La réglementation n° 100 des Nations Unies exige que les composants haute tension restent protégés en cas de collision frontale, latérale ou arrière. Les batteries doivent résister à des profils d'accélération définis sans fuite d'électrolyte ni court-circuit. Les assemblages collés font partie de la structure de sécurité et doivent être pris en compte dans les simulations par la méthode des éléments finis.
4 Matériaux d'interface thermique (TIM)
La dissipation thermique du bloc-batterie est déterminante pour sa durée de vie et sa sécurité. Les matériaux d'interface thermique comblent les espaces d'air entre la source de chaleur et le dissipateur thermique et réduisent la résistance thermique.
Gap-Filler
Les produits de comblement sont des silicones pâteux ou thixotropes qui comblent des interstices de 0,5 à 5 mm. Une fois durcis, ils restent élastiques et compensent la dilatation thermique. Conductivités thermiques typiques :
- Valeur standard : 1,5 à 2,5 W/m·K
- Haute performance : 3 à 5 W/m·K
- Rempli de céramique : jusqu'à 7 W/m·K
Pâtes thermoconductrices
Pour les couches minces (moins de 0,3 mm), les pâtes thermoconductrices offrent une résistance thermique inférieure à celle des produits de remplissage. Elles conservent leur consistance pâteuse à long terme et nécessitent une pression d'application mécanique. Utilisation : entre les composants du système de gestion de batterie (BMS) et les boîtiers métalliques.
Coussinets thermoconducteurs
Les coussinets en silicone pré-assemblés (matériaux à changement de phase) fondent à la température de fonctionnement et s'adaptent à la surface. Avantage : finition propre, pas de dosage. Inconvénient : résistance thermique plus élevée que les produits de remplissage pour interstices à épaisseur égale.
5 Composés d'encapsulation pour systèmes de gestion de batterie (BMS) et l'électronique de puissance
Les appareils de commande électroniques, les connecteurs haute tension et les barres omnibus sont encapsulés afin de les protéger contre l'humidité, les vibrations et les contraintes mécaniques.
Composés d'encapsulation à base de silicone
Les silicones bicomposants dominent le domaine de l'encapsulation BMS. Leurs avantages :
- Résistance à des températures comprises entre −60 °C et +200 °C
- Rigidité diélectrique supérieure à 20 kV/mm
- Élastique à long terme (Shore A 20 à 60)
- Pas d'émissions gazeuses corrosives
- Réparabilité : le silicone peut être retiré mécaniquement.
La gamme Bluesil RTV 3400 propose différentes viscosités pour une mise en œuvre manuelle ou automatisée. Durée de vie en pot : 30 à 90 minutes. Durcissement à température ambiante en 24 à 48 heures, accéléré à 60 °C en 2 à 4 heures.
Composés de scellement en polyuréthane
Les composés d'encapsulation à base de PU durcissent pour former des systèmes plus durs (Shore A 70 à Shore D 60) et offrent une résistance mécanique supérieure. Ils sont plus économiques que les silicones, mais moins résistants à la température (de -40 °C à +120 °C). Application : encapsulation de capteurs et de composants électroniques basse tension.
Protection IP67/68
Les blocs-batteries doivent respecter au minimum la norme IP67. Les composés d'enrobage doivent donc :
- Être coulé sans aucun vide (coulage sous vide recommandé)
- Adhérer durablement aux traversées de boîtiers
- Ne pas présenter d'absorption d'eau (moins de 0,5 % selon la norme DIN EN 60068)
- Rester étanche sur toute la plage de température
6 Comparaison des matériaux en fonction de l'application
| Utilisation | Matériau | propriété | Valeur typique |
|---|---|---|---|
| de cellule à cellule | Silicone thermoconducteur (2K) | conductivité thermique | 2,0 – 3,0 W/m·K |
| Collage structurel du boîtier du module | Adhésif structural époxy | résistance au cisaillement | 25 à 35 MPa |
| Remplisseur d'espace (cellule – plaque de refroidissement) | Silicone haute performance | Conductivité thermique / Shore | 3,5 – 5,0 W/m·K / Shore A 40 |
| Encapsulation BMS | Composé d'étanchéité à base de silicone | Résistance à la perforation / Temp. | > 20 kV/mm / de −60 à +200 °C |
| Joint du boîtier | Silicone FIPG (1K) | Protection IP / Durcissement | IP67/68 / 24 h à 23 °C |
| Connecteur haute tension | Scellement en polyuréthane | Dureté Shore / Résistance à la déchirure | Shore D 50 / 15 MPa |
7 Joints et garnitures pour boîtiers de batterie
Le boîtier de la batterie doit être étanche de manière permanente contre l'humidité, la poussière et les projections d'eau. Trois technologies dominent :
FIPG (joint formé sur place)
Les joints liquides sont appliqués sous forme de cordons à l'aide de robots et durcissent pour former des joints élastiques. Les silicones monocomposants (RTV-1) durcissent au contact de l'humidité de l'air en 24 heures. Avantages : pas besoin de stocker différentes géométries de joints, automatisation possible, qualité constante. Un dosage précis (largeur de cordon de 3 à 5 mm) et un écartement défini (0,5 à 1,5 mm) sont essentiels.
Joints en butyle
Les cordons en butyle pré-confectionnés conservent leur adhérence à long terme et assurent l'étanchéité par pression mécanique. Économiques et faciles à mettre en œuvre, mais leur résistance à la température est inférieure à celle des silicones (de -30 °C à +90 °C).
Systèmes d'étanchéité hybrides
Combinaison d'un joint mécanique (joint torique) et d'un joint d'étanchéité supplémentaire pour répondre aux exigences les plus strictes. Utilisation dans les boîtiers IP68 destinés aux packs de batteries sous le plancher.
8 Normes et qualifications
| Norme | Champ d'application | Exigences fondamentales |
|---|---|---|
| CEE-ONU R100 | Sécurité électrique des véhicules à haute tension | Résistance mécanique, isolation électrique, comportement au feu |
| GB/T 31467 | Systèmes de batteries Li-Ion (Chine) | Choc thermique (de -40 à +85 °C), vibrations selon la norme ISO 16750-3 |
| LV 123 | Composants électriques et électroniques du groupe VW | Changements climatiques, corrosion, essais de dégazage (K01) |
| UL94 V-0 | Protection contre les flammes | Selbstverlöschend < 10 s, kein brennendes Abtropfen, halogenfrei |
| REACH / RoHS | Règlement européen sur les produits chimiques | Déclaration SVHC, restriction des substances dangereuses |
9 conseils de montage pour les assemblages de batteries
automatisation du dosage
La fabrication moderne de batteries est entièrement automatisée. Les adhésifs et les composés d'encapsulation sont appliqués à l'aide de systèmes de dosage :
- Pompes à engrenages : pour les fluides à faible viscosité (moins de 10 000 mPa·s)
- Pompes à vis excentrique : pour les gap fillers hautement chargés et les matériaux thixotropes
- Cartouches pneumatiques : pour une mise en œuvre manuelle et des prototypes
- Installations d'encapsulation sous vide : pour une encapsulation BMS sans cavités
Temps de durcissement et cadences
- Chambres chauffantes (60 à 80 °C) pour le durcissement accéléré des époxydes et des silicones
- Acrylates durcissant aux UV pour un moulage en quelques secondes (niche : fixation de capteurs)
- Époxydes à prise rapide avec un temps de prise de 15 minutes à température ambiante
préparation des surfaces
Les surfaces en aluminium doivent être dégraissées (isopropanol) et éventuellement prétraitées au plasma ou au corona. Les matériaux composites nécessitent souvent un apprêt pour une adhérence optimale. Vérifier minutieusement les surfaces peintes : la rupture d'adhérence peut se produire au niveau de la peinture et non de la colle.
Retouche et réparabilité
Les collages et les moulages en silicone peuvent être retirés mécaniquement (découpe, fraisage). Les collages époxy sont pratiquement impossibles à retirer et nécessitent un démontage destructif. Conception pour la remise en état : prévoir des joints de séparation, concevoir des modules interchangeables.
10 questions fréquemment posées
Quelle est la durée de vie des assemblages collés dans les blocs-batteries ?
Les adhésifs qualifiés sont conçus pour toute la durée de vie du véhicule (10 à 15 ans, 3 000 à 5 000 cycles de charge). Même après 20 ans, les silicones ne présentent aucun signe de fragilisation lors des essais d'accélération. Les époxydes peuvent durcir et se fragiliser en cas d'exposition prolongée à des températures supérieures à 120 °C ; les profils de température indiqués dans le cahier des charges sont donc essentiels.
Les cellules et modules collés peuvent-ils être remplacés ultérieurement ?
Les assemblages à base de silicone peuvent être séparés mécaniquement (à l'aide d'un fil métallique ou d'une lame). Les adhésifs structuraux époxy sont pratiquement indissolubles – un démontage destructif est alors nécessaire. Dans les conceptions « cell-to-pack » (CTP), les cellules sont directement intégrées dans le boîtier ; aucun remplacement n'est prévu. Les constructions modulaires avec des assemblages vissés et de la colle permettent une meilleure réparabilité.
Quelles sont les exigences en matière de résistance au feu ?
Au minimum UL94 V-1 (auto-extinguible en moins de 30 s). Les applications haut de gamme exigent la norme V-0 (auto-extinguible en moins de 10 s, sans gouttes enflammées). De plus en plus, un LOI supérieur à 28 % est exigé. Les formulations sans halogène sont la norme. La protection contre la flamme ne doit pas altérer les propriétés thermiques et électriques.
Comment compense-t-on la dilatation thermique ?
Les cellules de batterie se dilatent de 0,5 à 2 mm lors de la charge. Les adhésifs élastiques à faible module d'élasticité (inférieur à 10 MPa) compensent ces mouvements. Les produits de remplissage de joints présentant une dureté Shore A comprise entre 20 et 40 sont idéaux. Dans le cas d'époxydes rigides, le joint de collage doit être dimensionné de manière à absorber les contraintes de cisaillement. Règle générale : plus la différence de température est importante et plus les matériaux sont différents, plus l'adhésif doit être élastique.
Les processus d'encollage peuvent-ils être automatisés dans les gigafactories ?
Oui. Les systèmes de dosage équipés d'applicateurs robotisés atteignent une précision de ±1 %. Un contrôle en ligne par caméra vérifie la géométrie et le positionnement du cordon. La consistance du matériau et les conditions environnementales sont des facteurs critiques. Des temps de cycle inférieurs à 60 secondes par bloc-batterie constituent l'état actuel de la technique.
Les packs de batteries peuvent atteindre des tensions allant jusqu'à 800 V. Les travaux ne doivent être effectués que par du personnel qualifié ayant suivi une formation sur la haute tension (HV-1, HV-2, HV-3 conformément à la norme DGUV 200-005). Avant d'ouvrir le pack : vérifier l'absence de tension, respecter les 5 règles de sécurité, utiliser un équipement de protection individuelle. Les cellules lithium-ion peuvent subir un emballement thermique en cas de détérioration.
Conseil pour les matériaux d'assemblage de batteries
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